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Les Pays-Bas : terreau fertile pour l’économie circulaire

Alternative au modèle extractiviste actuel, l'économie circulaire repose sur le recyclage et la réutilisation des ressources. L’enjeu d’une transition vers une économie circulaire aux Pays-Bas est double. D’abord car ce modèle est plus respectueux de la nature, à l’heure où 60% des émissions de gaz à effet de serre et 90% de la perte de biodiversité à l’échelle mondiale sont dus à la consommation globale de ressources. Mais cette transition revêt aussi une dimension stratégique : recycler les matériaux critiques permet de moins dépendre des quelques pays dans lesquels ils sont produits.

 

Les Pays-Bas mal engagés dans leurs objectifs

Le Royaume s’est donc fixé d’ambitieux objectifs. D’ici 2030, il s’agit d’utiliser moitié moins de matières premières fossiles, minérales et métalliques. En 2050, l’économie devrait être entièrement circulaire. Or, dans son récent rapport, l’agence environnementale PBL montre qu’en 2022, les Pays-Bas ont réduit leur utilisation de matières premières de seulement 8% par rapport à 2016. Bien loin des objectifs fixés. D’autant plus que ces réductions sont davantage imputables à des événements externes, tels que le coronavirus, la guerre en Ukraine et la hausse des prix, qu’à une réelle transformation de l’économie. 

Ainsi, l’économie circulaire souffre de son modèle. Par exemple, les faillites des entreprises néerlandaises de recyclage de plastique se multiplient car leurs produits sont peu compétitifs. Les prix bas du pétrole venant des Etats-Unis ou de Chine favorisent le plastique traditionnel. Par conséquent, les banques sont réticentes à financer ce type de projet pour lesquels les revenus fluctuent et la demande reste limitée. Résultat, seul 7% du plastique aux Pays-Bas provient du recyclage.

Un cadre législatif favorable à la circularité

Entreprises et consommateurs sont pourtant enclins à adapter leurs pratiques, mais il est souvent plus facile et moins coûteux de continuer sur la voie de l’économie linéaire. C’est pourquoi il est nécessaire que les politiques nationales et européennes évoluent pour accompagner les entreprises et orienter les habitudes des consommateurs. 

À ce titre, les Pays-Bas se sont déjà dotés du NPCE (Nationaal Programma Circulaire Economie) pour la période 2023-2030. Si les 55 mesures du plan sont suivies, le rejet de 3.9 à 6.9 mégatonnes d’équivalent CO2 peut être évité chaque année. Dans une même perspective, le budget gouvernemental accordé à l’économie circulaire est passé de 295 millions d’euros en 2020, à 496 millions d’euros en 2022.  

Ces mesures ne sont cependant pas suffisantes en vue d’atteindre les objectifs fixés. Le PBL a donc émis une série de recommandations à l’attention du gouvernement. Il est ainsi suggéré d’orienter davantage la commande publique vers les produits de l’économie circulaire, notamment afin de stimuler l’innovation. Le PBL conseille également de subventionner les entreprises en vue d’accroître la compétitivité des matériaux recyclés. Des aides qui sauveraient de la faillite de nombreux recycleurs de plastique.  

Mais l’échelon législatif européen est aussi primordial. Dans son rapport de 2024, Mario Draghi soulignait que la compétitivité allait de pair avec l’économie circulaire, tant sur le plan stratégique qu'environnemental. Le cadre réglementaire européen évolue donc dans ce sens, au travers de la directive Droit à la Réparation, ou bien de la régulation Ecodesign. Pour approfondir ce cadre, le PBL soumet l’idée d’une taxe européenne sur les matières fossiles utilisées dans la fabrication du plastique. Agir sur la fiscalité rendrait le recyclage plus attractif. 

L’économie circulaire, une solution pour la construction

Même si les politiques publiques peuvent être renforcées, les Pays-Bas furent parmi les premiers à implémenter des mesures en faveur de la transition vers l’économie circulaire. À cet égard, le Royaume représente un terreau fertile pour ce nouveau modèle grâce à une expertise de pointe sur le recyclage ou sur le design de produits novateurs. La part du circulaire dans l’économie néerlandaise gravite déjà autour des 4,3%, mais tous les acteurs sont enclins à effectuer une transition plus large. 

La construction pourrait être le secteur de croissance de la circularité dans l’économie néerlandaise. En effet, le pays est actuellement frappé par une crise du logement. Pour la résoudre, le gouvernement souhaite construire 100 000 foyers par an jusqu’en 2030. Mais cet objectif peine à être atteint, notamment en raison du manque de matériaux disponibles. Le modèle de l’économie circulaire est, pour ce secteur, une solution d’autant plus intéressante face à la pénurie. 

Le Royaume est ainsi largement ouvert aux solutions innovantes et stratégiques permettant de décarboner le secteur tout en réduisant sa dépendance aux matières premières. C’est dans cette perspective que nous avons imaginé un “Accélérateur de Potentiel” sur la décarbonation des secteurs de la construction et de l’immobilier aux Pays-Bas. Un programme de 3 jours qui se tiendra du 16 au 18 juin à Amsterdam et qui vise trois objectifs principaux : rencontrer les acteurs du marché, s’inspirer de leurs innovations, et créer des opportunités commerciales. 

Cet Accélérateur est destiné aux entreprises françaises qui souhaitent faire connaître leurs solutions circulaires et bas-carbone aux Pays-Bas. En somme, les compagnies spécialisées dans la construction modulaire, hors-site ou en lien avec la décarbonation, devraient y voir une opportunité exceptionnelle.


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